Marseille : Résidences secondaires, Airbnb, taxe d'habitation… Comment la ville tente de limiter la hausse des prix de l'immobilier

La municipalité, qui a encadré avant l’été le nombre de meublé de tourisme par propriétaire, va voter ce jeudi une hausse de la taxe d’habitation sur les résidences secondaires.Objectif : lutter contre les conséquences de l’attractivité, redonner de l’air au marché immobilier qui souffre d’une offre insuffisante et remplir les caisses au passage.Les agents immobiliers ont observé un retour à la location des meublés de tourisme après la première mesure de limitation.

Les décisions municipales successives pour enrayer le phénomène Airbnb et l’immobilisation d’une partie du parc immobilier de la ville vont-elles redonner de l’air au marché Marseillais ?

« Il y a une pénurie de logement, constate Jean Berthoz, président de l’union des syndicats de l’immobilier Marseille-Provence-Corse (Unis). Dans les agences immobilières, nous avons traditionnellement un taux de rotation locative de 10 %. Là, on est à 3 % ». Conséquence, les loyers grimpent, avec une hausse moyenne en 2019-2020 de 8,36 % sur les deux pièces, et 5,68 % pour les trois pièces, selon l’étude menée par l’Unis et publiée en juin. Sur la même période, le volume des annonces disponibles a chuté de 8,15 %, ajoute l’étude.

Lutte contre les conséquences de l’attractivité

La faute à une attractivité croissante de la ville dans laquelle beaucoup de gens veulent actuellement s’installer. La faute également aux quelque 9.000 logements réservés à la location de courte de durée, autant de biens qui ne sont pas le marché de la location.

En mai dernier, la municipalité a pris la décision de limiter à un seul le nombre de meublés de tourisme par propriétaire. A cela, s’ajoute la délibération de ce jeudi qui majore la taxe d’habitation de 60% sur les résidences secondaires. « Nous visons les gens qui agissent en professionnel sans statut et œuvre sur différentes plateformes pour contourner la limite de nuitées (soit 120 annuelles) », explique Laurent Lhardit, adjoint à l’économie et au tourisme. « L’idée est de lutter contre les conséquences de l’attractivité et les gens qui ont basé leur économie sur les locations de courtes de durée, pas contre l’attractivité elle-même », poursuit l’élu.

Une hausse de 30 % de biens à louer meublées pour une longue durée

Avec déjà quelques fruits récoltés. « Nous avons repéré en juin une hausse de 30 % de biens à louer meublées pour une longue durée. Ce qui signifie que des logements auparavant Airbnb, commencent à revenir en location », observe Jean Berthoz. Mais pas de quoi satisfaire la demande croissante sur l’immobilier marseillais, où « les installations stagnent par manque d’offre ».

Cette hausse de la taxe d’habitation est-elle de nature à remettre des biens sur le marché de la location ? « Les autres villes qui l’ont fait avant nous ont eu des retours positifs », avance Laurent Lhardit, qui ne cache pas l’objectif double de cette mesure. Cette hausse de la taxe d’habitation va « concourir à tenter de retrouver des finances saines », ajoute l’adjoint à l’économie. « La taxe d’habitation est déjà très élevée à Marseille, et ils n’ont pas beaucoup de leviers pour trouver de l’argent », comprend Jean Berthoz.

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