Non, la multiplication des voitures électriques ne conduira pas à un black-out en France

En 2035, environ 40 % des véhicules en circulation seront électriques, selon RTE.Cela conduira à une augmentation de la demande en électricité.Mais le gestionnaire de réseau assure que la production est largement suffisante.

Le boom de la voiture électrique va-t-il mettre sous tension le système électrique français ? Pour répondre à cette question, RTE, le gestionnaire national du réseau, a présenté ce mercredi différents arguments basés sur les dernières données disponibles. En 2035, il devrait y avoir 15,6 millions de véhicules électriques en circulation en France (soit 40 % du total), contre 600.000 actuellement. Ce développement massif signifie qu’il faudra être en capacité de recharger des millions de batteries en même temps.

D’après RTE, cela ne posera aucun problème. « Nous aurons suffisamment de production pour couvrir la consommation liée à la mobilité électrique », assure Maïté Jaureguy-Naudin, directrice Innovation & Données de l’opérateur. Autrement dit, il n’y aura pas de risque de coupure d’électricité à cause des voitures électriques.

Des pics au moment des grands départs

En effet, les batteries des véhicules représenteront, en 2035, une consommation annuelle d’électricité supplémentaire comprise entre 40 et 60 Térawatt-heure (TWh). « Cet accroissement est significatif mais ne représente en moyenne que 8 % de la consommation [totale] d’électricité », relève RTE. Dans tous les cas de figure, cette consommation totale resterait inférieure à 500 TWh, alors que dans le même temps, la France sera en capacité de produire 600 TWh. Une bonne marge de sécurité.

Néanmoins, cette nouvelle demande en électricité ne sera pas linéaire dans le temps. Pendant l’année, RTE s’attend à des pics de consommation au moment des départs en vacances ou des week-ends prolongés. L’explication est simple : avant un long trajet, tous les propriétaires de véhicules électriques auront besoin de charger la batterie à fond la veille du départ. Le réseau sera donc très sollicité. « Ces appels de puissance pourraient monter jusqu’à 8 Gigawatts (GW) sur une journée, à comparer aux pics de 100 GW que l’on peut avoir lors de grands froids », détaille Maïté Jaureguy-Naudin. Là encore, RTE estime que le risque de tension sur le réseau électrique est quasi nul.

Au-delà de ces quelques périodes annuelles, l’opérateur s’est également intéressé à la fluctuation de la demande en électricité au cours d’une journée classique. Dans un scénario où les voitures électriques seraient majoritairement rechargées à domicile, ce pic surviendrait autour de 19h, lorsque les gens rentrent du travail. En revanche, en développant les bornes de recharges sur les lieux de travail, ce pic du soir diminuerait de 25 %, puisque les utilisateurs rechargeraient également le véhicule le matin en arrivant au boulot.

Un « carburant » très bon marché

Ce « lissage » de la demande en électricité permettra à RTE d’optimiser la gestion du réseau électrique et d’étaler au maximum les pics de consommation. Pour y parvenir, l’opérateur compte aussi sur la mise en place d’incitations financières pour les automobilistes. Par exemple, les fournisseurs d’électricité pourraient proposer un système de tarification « heures pleines/heures creuses » pour la recharge des véhicules.

Selon les projections de l’opérateur, le coût annuel en électricité pour un automobiliste qui se chargerait uniquement pendant ces « heures creuses » s’élèverait à 280 euros (pour 15.000 km par an). C’est 1,5 fois moins cher qu’une recharge électrique sans « contraintes » horaires (420 euros annuels), et surtout quatre fois moins cher que le plein annuel d’un véhicule essence (1.240 euros). Bon pour le portefeuille, gérable par le réseau : le véhicule électrique à tout pour plaire, au moins du point de vue de la France (voir encadré).

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Le véhicule électrique, vraiment tout propre ?

L’une des principales critiques formulée à l’encontre des voitures électriques porte sur la fabrication des batteries. Ces dernières sont souvent assemblées dans des pays comme la Chine qui utilisent beaucoup d’énergies fossiles pour alimenter leur industrie. En conséquence, à sa sortie d’usine, une voiture électrique aura une empreinte carbone effectivement plus forte que son homologue essence.

En revanche, sur toute la durée d’utilisation du véhicule en France, le rapport s’inverse. En effet, l’électricité utilisée pour la recharge provient à 100 % d’énergies décarbonées (nucléaire, solaire, éolien…). Selon RTE, un véhicule électrique qui roulerait en France pendant 200.000 kilomètres aurait une empreinte carbone équivalente à 10 tonnes de CO2. C’est quasiment trois fois moins que celle d’un véhicule essence (25 à 30 tonnes de CO2).

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Une autre problématique demeure pour le véhicule électrique. Les batteries nécessitent en effet d’extraire des minéraux comme le lithium, ce qui nécessite beaucoup d’eau et de produits chimiques. Toute cette exploitation minière a évidemment un impact environnemental, souvent concentré dans les pays pauvres. « Nous avons juste délocalisé la pollution et faisons semblant de faire du propre » dénonçait d’ailleurs en 2018 le journaliste spécialisé Guillaume Pitron dans une interview à Libération.

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