Occitanie : Le logo Nutri-Score menace-t-il les produits du terroir sous label ?

Depuis plusieurs années, les consommateurs peuvent comparer la valeur nutritionnelle des denrées grâce au logo Nutri-Score apposé sur les emballages.Si cet étiquetage a la volonté de proposer par catégorie les produits moins salés et aux qualités nutritionnelles plus saines, il relègue souvent les produits sous signes officiels de qualité.Les défenseurs de ces produits du terroir en Occitanie, ont décidé de monter au créneau pour demander à être exemptés de cet indice.

Ils ont envahi les rayons des supermarchés, bien visibles sur les emballages des produits alimentaires. Du vert au rouge, l’étiquetage Nutri-Score donne depuis quelques années une indication sur la valeur nutritionnelle des pâtes, yaourts et autres plats préparés. Un logo qui classe de A à E les denrées, aux dépens souvent des produits traditionnels et locaux. Un petit fromage Rocamadour ou du jambon de porc noir de Bigorre sont ainsi relégués aux lettres rougeoyantes D ou E, quand un soda light plein d’édulcorants affichera un B verdoyant, mieux noté qu’un jus de fruit Bio.

De quoi mettre les défenseurs des produits sous signes officiels de qualité et d’origine sur les nerfs. Ceux d’Occitanie ont décidé de monter au créneau. Il faut dire qu’avec ses 247 produits labellisés, qu’ils soient AOC, IGP ou Bio, la région est leader en Europe de ces aliments du terroir, fabriqués de manière traditionnelle et dont les recettes ancestrales n’ont pas été élaborées pour répondre à des normes sanitaires.

« A la base, Nutri-Score a été créé pour les plats cuisinés, pour évaluer les produits transformés. Des progrès sur la valeur nutritionnelle du Roquefort, il n’y en aura pas. Il a déjà des qualités, des apports en calcium, dont Nutri-Score tient très peu compte, alors qu’il met en avant les acides gras. Le lait cru qui entre dans sa fabrication est notre fierté, il respecte la tradition et le terroir », souligne Jérôme Faramond, le vice-président de la Confédération générale de Roquefort.

Demande d’exemption

Pour l’instant, apposer le fameux logo sur les emballages de leur fromage aveyronnais n’est pas une obligation, sauf chez les marques producteurs. Mais le risque de voir leurs produits boudés par les clients si cela venait à être imposé par l’Europe reste un vrai danger. « Six consommateurs sur dix disent que cela a un impact sur leur choix, notamment chez les jeunes, que l’on va éduquer à un système simpliste et caricatural de couleurs », poursuit Sébastien Vignette de la Confédération de Roquefort dont 73 % de la production écoulée sur le marché français se fait en grande et moyenne surface.

Réunis au sein de l’lnstitut régional de la qualité alimentaire d’Occitanie (Irqualim), tous ces producteurs de produits labellisés ont décidé de monter au créneau pour demander à la Commission européenne à être exemptés de ce système d’étiquetage. Pour eux, certaines denrées industrielles voient leur transformation modifiée pour être mieux notée, au détriment de la qualité même du produit.

« Un miel des Cévennes est noté C, on ne va pas demander à l’abeille d’aller butiner des fleurs au nectar moins riche en sucres. Nous ne sommes pas contre Nutri-Score, mais pour l’intérêt du consommateur. Là, on compare des choses incomparables. De l’éducation il faut en faire, mais on prend le problème à l’envers », conclut Pierre Ginebre, le directeur de l’Irqualim, qui espère être entendu.

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