Racisme, homophobie… Un tiers des messages haineux ne sont pas supprimés sur les réseaux sociaux

Racisme, antisémitisme, homophobie… Plus d’un tiers des messages de haine en ligne signalés dans l’UE aux plateformes ne sont pas supprimés, indique une évaluation de la Commission européenne portant sur la période mars-avril, soulignant une hausse de ce taux par rapport aux deux dernières années.

Ce rapport concerne Facebook, YouTube, Twitter, Instagram, Jeuxvideo.com, TikTok, tous signataires du Code de conduite de l’UE visant à combattre les discours de haine illégaux en ligne, lancé en 2016.

62,5 % des contenus signalés ont été retirés

Selon cette sixième évaluation, ces plateformes ont retiré en moyenne 62,5 % des contenus signalés par 35 organisations de lutte contre les discriminations de 22 Etats membres entre le 1er mars et le 14 avril derniers. Ce taux est inférieur aux 71 % enregistrés en moyenne sur une même période de six semaines en 2019 comme en 2020.

Si elle a diminué sur Facebook et YouTube, cette proportion a toutefois augmenté sur Twitter et Instagram. TikTok, qui était évalué pour la première fois, a retiré 80 % des contenus signalés. Les discours de haine basés sur l’orientation sexuelle et la xénophobie sont les plus fréquemment cités.

Près de 4.500 signalements transmis aux plateformes

Les entreprises se sont engagées dans le code de conduite à examiner la majorité des demandes de suppression en moins de 24 heures. Le taux d’examen des signalements dans ce délai demeure élevé (81 %), mais il a aussi baissé par rapport à 2020 (90 %).

Au total, quelque 4.500 signalements ont été transmis aux plateformes, Facebook en tête, puis Twitter, YouTube, Instagram, Jeuxvideo.com et TikTok. Snapchat, Dailymotion et Microsoft, également signataires du code de conduite, n’ont pas reçu de telles demandes pendant la période d’évaluation.

Un nouveau projet de régulation en cours d’élaboration avec le DSA

Le maintien en ligne des messages contestés est parfois dû à une divergence d’appréciation entre l’organisation faisant le signalement et la plateforme, qui évalue le caractère licite du contenu au regard de ses règles internes et des lois nationales. Ce dispositif, qui a été rejoint en juin par LinkedIn, repose sur une démarche volontaire, mais l’UE prépare actuellement une vaste régulation des géants du numérique.

« Nous devons encore faire des progrès, en adoptant le DSA (Digital services act), pour s’assurer qu’il est possible de combattre la haine en ligne dans toute l’UE », a déclaré le commissaire européen à la Justice Didier Reynders en arrivant à une réunion ministérielle au Luxembourg.

Ce projet de régulation est aussi conforté, selon Bruxelles, par les récentes révélations de la lanceuse d’alerte de Facebook, Frances Haugen. « Nous devons fixer des règles et faire en sorte que les plateformes rendent davantage de comptes, ne pas seulement compter sur des programmes volontaires », a tweeté mercredi la vice-présidente de la Commission européenne Vera Jourova, chargée des valeurs et de la transparence, après s’être entretenue avec Frances Haugen. « Il est temps pour le monde numérique de respecter les valeurs européennes », a-t-elle ajouté.

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